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30 septembre 2007 : Pas maintenant Antonio !

   
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Des nouvelles à vocation érotogène...
La mini-jupe rose (6 juillet 2007)
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Ce ne sont pas des billets d'humeur...
Des observations sous forme d'histoires sur la vie d'hier, de maintenant et de plus tard.
Parking (24 juin 2007)

    
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Des chroniques portugaises en versions françaises et portugaises traduites par Ethy'.
Encore des histoires sur la vie, spécifiques au Portugal.
Pas maintenant Antonio ! (30 septembre 2007)
Bientôt traduite en portugais par Eth'y

   
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Juste pour donner la possibilité de réagir en laissant un commentaire sur mes Pinupe
et même de me donner des idées ! Des petites e-connes à claquer !
Secouez-moi pas !!! (15 juin 2007)

   

Résumé des épisodes précédents...
   
Il n'est bien sûr pas dans mes intentions  de concurencer le grand poète Camoes...
Mais il me fallait bien trouver un titre à cette rubrique !
Bien que français du sol (Algérie du temps des colonies), du sang (3 générations) et confortablement métissé d' Espagne (Minorque), d'Italie (Val d'Aoste), d'Allemagne (Alsace du temps que...) je vis, comme vous le savez, au Portugal et je suis tombé fou amoureux de la littérature lusophone (Portugal, Brésil, Moçambique...) Alors je m'essaye à écrire comme si j'étais né dans le fado et la saudade...
par Minuitdixhuit
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Tu m'entends très bien António, ce n'est pas la peine de faire comme si tu ne m'entendais pas ! Tu ne te doutais pas que tu finirais par te faire pincer avec tesPantoufles.jpg cochonneries, tu crois que je ne le savais pas que tu regardais ces filles dévergondées à la télévision dès que j'avais le pied dehors pour aller chez madame Mendonça faire les commissions et ramener de quoi préparer ton repas ? Tu crois que c'est facile à mon âge de monter toutes ces marches avec le cabas à provisions pendant que toi tu te prélasses sur le canapé du salon à mater des filles débauchées qui te font des clins d'œil racoleurs et qui se déhanchent en petite culotte avec leur numéro d'appel écrit en gros sur l'écran ? Encore une chance que cet imbécile d'employé du téléphone passe ses journées à jouer aux cartes au café au lieu de réparer les fils qui doivent bien être coupés quelque part sinon, pour sûr, tu aurais fini par inviter une de ces petites vicieuses à la maison.
Tu vois, ce n'était pas la peine de me prendre pour une idiote, je sais très bien que tu changes de programme dès que tu entends le bruit de mes chaussures dans l'escalier ou la clé dans la serrure de la porte. Mais je suis bien plus maligne que tu ne le crois, tu vois ces pantoufles qui me faisaient envie depuis si longtemps, et bien, tu ne l'as même pas vu, mais j'ai pu les acheter pas plus tard que tout à l'heure chez madame Mendonça et tu sais comment ? En économisant centavos par centavos sur l'argent des commissions, tu ne t'es même pas aperçu que je mettais moins de farinheira dans la soupe et que je coupais ton verre de vin avec de l'eau même si tu marmonnais que c'était mieux avant comme du temps de chez ta mère quand les légumes avaient encore du goût. Et tu ne m'as pas entendu monter les escaliers avec mes nouvelles pantoufles à la place de mes vieux escarpins tout déformés qui me sont une torture et que j'avais achetés pour l'enterrement de ta mère, mais tu ne l'avais même pas remarqué. Et aussi depuis tout ce temps mes pieds ont gonflé à cause de tous ces escaliers à grimper et à descendre parce que toi tu préfères rester vautré sur le canapé du salon devant la télévision. Si au moins tu descendais jouer aux cartes au café avec les employés du téléphone ou ceux du gaz, tu pourrais remonter le cabas à provision et faire réparer le téléphone que je puisse appeler les enfants de temps en temps. Et puis j'ai laissé la porte d'entrée entr'ouverte - quel idiot aurait l'idée de venir cambrioler un appartement aussi pouilleux ? - comme ça tu n'as pas entendu le bruit de la clé dans la serrure et tu n'as pas eu le temps de changer de programme, parce que tu crois que je n'entends pas les soupirs de ces débauchées quand je suis encore essoufflée dans l'escalier et que tu changes brusquement de programme pour faire semblant de t'intéresser à la vie des chimpanzés du Mozambique ou de je ne sais où ?
Mais je m'en fiche moi, que tu regardes ces moins que rien, tu crois que je ne le vois pas qu'elles sont plus jeunes que moi à présent ? Tu ne t'en souviens pas mais j'ai été belle moi aussi et plus qu'elles encore. Ce n'est pas ma faute à moi si j'ai grossi et c'est aussi parce que j'ai eu des jumelles et trois autres filles et que tu voulais un garçon à tout prix et que ça déforme les seins d'accoucher et d'allaiter cinq enfants et ça donne des vergetures aussi, mais toi ce que tu voulais c'est un garçon à tout prix et tu t'es juste arrêté quand le docteur a dit que mon cœur ne tiendrait pas la prochaine fois et ça t'a fait peur de devoir t'occuper seul des enfants parce que, qui aurait voulu d'un petit fonctionnaire veuf et chauve avec cinq filles ? Je voudrais bien les voir ces fainéantes de la télévision à se tortiller, avec une jumelle pendue à chaque sein et des cabas à monter dans les escaliers avec un souffle au cœur et des vergetures sur le ventre. Mais ça, pas folles, elles ne te le montreront jamais, c'est sûr, sinon ça ne serait pas la peine qu'elles mettent leur numéro de téléphone en gros sur l'écran.
Et puis tu sais, je les vois quand même mes filles, en cachette, même si tu ne veux plus entendre parler d'elles et qu'elles ne peuvent plus venir le dimanche parce qu'elles ont choisi de se marier sans ton autorisation et même aussi de ne pas se marier du tout, même si tu dis que mes petits-enfants sont des bâtards à présent à cause d'elles.
Alors ça m'est complètement égal que tu regardes des filles nues en cachette à la télévision, ce que je ne supporte pas c'est que tu te conduises comme un morveux en coupant les fils du téléphone pour que je n'appelle plus mes filles et en changeant de programme pour des chimpanzés au lieu de m'aider à ranger les provisions. Et pourquoi tu ne changes pas de programme maintenant que je t'ai pris la main dans le sac ? Tu crois que ça me fait plaisir de voir ces traînées te faire des sourires sans même que tu tournes la tête pendant que je te parle de mes douleurs aux pieds et de mes souffrances au cœur ? Hein, pourquoi ? Pourquoi tu ne me réponds pas, même pour me dire ferme-la Alda comme les autres fois ? Pourquoi tu es tout pâle ? Pourquoi tu as les mains toutes bleues et les yeux révulsés ? Répond-moi António, répond-moi, pourquoi tu baves, pourquoi tu es tout froid ? Oh ! António, je t'en prie, reste encore, encore un peu, encore un peu, je te laisserai regarder toutes les filles que tu veux, ne meurs pas maintenant, ne me fais pas ça, mon amour…

 

par Minuitdixhuit
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C’est ma première fois, mon premier soir d’arraial*, peut-être le dernier, je ne sais pas mais je sais que je vais le savoir.

« Algodão doce para os meninos e as meninas** ! » Face au vendeur de barbe à papa à l’accent rocailleux de Porto, sur le stand de tir, alignés, les ours en peluche d’abord, les ballons multicolores, puis moi, l’une des douze, vêtue de chiffons, jaunes comme mes cheveux, bras pâles, sourire figé, visage livide, joues et bouche vermeille comme une vraie poupée, quelques-unes unes plus belles en tulle multicolore saupoudré de paillettes, poupées à choisir, à viser, à tirer.
Je tremble un peu au bout du fil en apercevant un grand roux et un petit brun alentejano qui me dévisagent sans vergogne.

- T’as choisi ta poupée, Zêca ?
- Celle avec la tête jaune. T’as choisi la tienne ?
- La même.
- T’es un rigolo, Manê. Toujours dans mes jambes. Heureusement qu’on est potes, sinon je t’aurais suriné pour ce que tu as fait avec Maria da Graça. Dire que tu te l’es faite à la mi-temps de Benfica - Sporting pendant que l’imbécile qui te parle allait chercher trois bières à l'épicerie du bas parce que ton frigo était vide. 
- Allez, je voulais juste m’assurer qu’elle te rendrait heureux et, parole de mes yeux que la terre va devoir manger, elle est encore plus belle depuis qu’elle attend ton dernier.
- Ah les poupées, il suffit de bien viser et hop, tirée la poupée, ricane le roux.

Pourquoi me voulaient-ils tant ? De toutes, je suis la plus laide. Je ne peux même pas fermer mes yeux aux paupières figées. Et je n’ai aucune envie de leur susciter de la pitié, alors je m’invente un cœur joyeux et libre puisque c’est ma première fête et qu’il n’y a pas de cœur pour m’emporter au galop. Vers quoi, d'ailleurs ? Je ne sais pas. Je suis là pour me faire tirer.

- Et s’ils te tuaient ? souffle la poupée pendue à ma droite.

S’ils me tuent, aucune importance. Une autre me remplacera le prochain soir. Je l’ai déjà entraperçue lorsqu’on m’a extirpée de ma boite. Une fille de porcelaine aux cheveux de soie bleue, pas une maigre aux gros genoux et aux seins tout petits comme les miens.
Le roux me tient en joue, un œil plissé, l’autre cloué sur mon cou.

- De toute façon, je ne peux avoir que celle-là, les autres sont bien jolies mais beaucoup trop chères.
- C’est bon, tire-la d’abord. Si tu la rates, c’est mon tour.
- Je vais viser juste un peu au-dessus de la ligne entre le cou et l’épaule pour couper le fil qui l’attache à sa petite boite.

J’attends. J’ai les coudes serrés sur mon corps, les avant-bras tendus, les yeux mi-clos, la bouche un peu entrouverte. Le coup ne vient pas.

- Je vais plutôt viser celle à droite. Trop jaune celle là.

Le claquement sec et bref m’assourdit. À mes côtés, aucun froissement de chiffon.
C’est moi qui chute. Je n’ai pas senti le coup venir.



* Fête foraine au petit pays
** Barbapapa pour les petits garçons et les fillettes («Algodão doce», littéralement : coton sucré)
Zêca : José Carlos – Manê : Manuel
par Ethy'
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É a minha primeira vez, a minha primeira noite de arraial, talvez a última, não sei, mas sei que vou sabê-lo.

"Algodão doce para os meninos e as meninas!" Frente ao vendedor de algodão doce com o sotaque áspero do Porto, na barraca de tiro, alinhados, os ursos de pelúcia primeiro, os balões multicolores, depois eu, uma das doze, vestida de panos amarelos como os meus cabelos, os braços pálidos, o sorriso fixo, o rosto lívido, as faces e a boca vermelhas como uma boneca de verdade, algumas mais bonitas em tule multicolore salpicado de lantejoulas, bonecas para escolher, apontar, sacar. Tremo um pouco na ponta do fio ao ver um russo alto e um baixote moreno alentejano que me olham insistentemente.

- Escolheste a tua boneca, Zeca?

- A de cabeça amarela. Escolheste a tua?

- A mesma.

- És mesmo um brincalhão, Mané. Sempre a meteres-te comigo. Felizmente somos amigos, caso contrário tinha-te tratado da saúde por causa do que fizeste com a Maria da Graça. E pensar que te fazias a ela no intervalo do Benfica - Sporting enquanto que o imbecil que está a falar contigo ia buscar três cervejas na mercearia em baixo porque o teu frigorífico estava vazio.

- Deixa-te disso, só queria assegurar-me de que iria fazer-te feliz e pelos meus olhos que a terra há-de comer, ainda é mais bonita desde que está grávida do teu último.

- Ai as bonecas, basta apontar como deve ser e zás, sacada está a boneca, troça o ruivo.

Porque queriam-me eles tanto? De todas sou a mais feia. Nem posso fechar os meus olhos de pálpebras estarrecidas. E não sinto vontade nenhuma de lhes suscitar pena, então invento-me um coração alegre e livre já que é a minha primeira festa e que não há coração para levar-me a galope. Para onde aliás? Não sei. Estou cá para ser sacada.

- E se te matassem? murmura a boneca pendurada á minha direita.

Se me matam, não tem importância alguma. Outra ficará no meu lugar na próxima noite. Já a entrevi quando me tiraram da minha caixa. Uma rapariga de porcelana com os cabelos de seda azul, não uma magra com joelhos grossos e seios pequenininhos como os meus.

O ruivo aponta para mim, um olho franzido, o outro pregado no meu pescoço.

- De toda a maneira só posso ter essa, as outras são bem bonitas mas demasiado caras.

- Está bem, saca-a primeiro. Se falhares é a minha vez.

- Vou apontar só um pouco por cima da linha entre o pescoço e o ombro para cortar o fio que a prenda à sua caixinha.

Espero. Tenho os cotovelos apertados no meu corpo, os antebraços estendidos, os olhos meio fechados, a boca um pouco entreaberta. O tiro não vem.

- Vou antes apontar para à da direita. Essa é demasiado amarela.

O estalido seco e breve me ensurdece. Ao meu lado, nenhum roçar de pano. Quem está a cair sou eu. Não senti vir o tiro.

par Ethy'
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