Je pense à ma fille. Elle dort maintenant.
C'est pour elle que j'étudie le jour et que je garde ce parking la nuit.
Quand j'ai fait l'amour avec ce mec, c'était dans ma chambre d'étudiante, j'étais tellement consentante, j'étais tellement heureuse, tellement
amoureuse de son air d'enfant perdu sur un manège que j'ai même pas senti qu'il n'avait pas mis de préservatif, la deuxième fois qu'on faisait l'amour de cette nuit. La première fois c'est moi qui lui avait mis.
Et j'ai gagné la queue du Mickey.
On est tellement conditionnée que je n'ai pensé qu'au sida quand je m'en suis aperçu. C'était au matin. Ça coulait un peu d'entre mes cuisses, mais lui il avait disparu de moi.
J'ai pas mis longtemps à comprendre que ce n'était pas cela que j'avais attrapé.
Et puis j'ai voulu garder tout. Je ne sais pas pourquoi. Je l'aimais pour rien ce mec et j'ai du penser le prolonger un peu au travers de mon ventre. J'ai peut être regretté après, mais plus maintenant, non vraiment, elle illumine mon coeur de ses yeux... Seront-ils aveugles comme les miens ?
Elle ne lui ressemble même pas. Tant mieux, lui, je ne l'ai plus dans mon coeur. Le temps... Ça sert à ça le temps.
A la sortie du parking, il y avait un mec très mignon qui donnait l'air d'avoir perdu son ticket de manège et qui m'avait demandé comment faire. J'avais envie de lui dire que s'il voulait... je lui ouvrirai la frontière de mes désirs.
Et j'ai effleuré le bouton magique que j'ai là à ma disposition, et la barrière s'est redressée.
Alors, comme la voie était libre, il s'est engouffré... Et il a disparu.
Jorginho nous sourit de toutes ses
dents en déballant son cadeau. Et elles sont blanches ses dents ! A quinze ans il est rayonnant de santé et dans la pleine vigueur de son adolescence. Il est bientôt plus grand que moi ! Et
chaque fois que je le retrouve, il est plus grand encore. De quatre centimètres cette année, m'avait écrit sa mère.
Je n'arrive
pas à croire en Dieu. Je n'arrive pas à me convaincre de croire en Dieu. Mais je crois à la sincérité de ceux qui apprennent un chemin dans une spiritualité inspirée - pourquoi pas ? - d'un Dieu.
Je crois ainsi en la prière. Que chacun la fasse à sa manière vers le Dieu qu'il entend, qui l'entend, choisi parmi ceux qui restent encore, ceux qui ne sont pas morts.
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