Cancanages récents

Comme je te l'ai déjà raconté, petite Mademoiselle O, c'est à cause de cette fichue mini-jupe rose que j'ai dûMiniJupeRose.jpg quitter cette fille, cette Italienne qui comblait pourtant tous mes désirs, tous mes plaisirs, tous mes rêves, des plus romantiques aux plus scandaleux. Tu sais aussi, par une autre de mes confidences, qu'elle n'hésitait pas à jeter par delà les frontières le moindre de ses vêtements quand l'envie lui en prenait. Que c'était plus qu'un jeu pour elle, une véritable nécessité, et aussi souvent le besoin de me mettre à l'épreuve, de me tester, de juger du désir que j'avais d'elle et à quel point elle pouvait m'obliger à me soumettre à ses fantasmes.

Elle voulut le faire une fois encore, une fois de trop.

Je la rejoignais souvent à l'heure du midi. Elle travaillait dans un de ces buildings glacés de verre et de fer, et moi, non loin, j'avais mon petit atelier où je passais la journée à essayer de donner vie à mes marionnettes. Au pied de son immeuble à l'aplomb de son bureau, un fast-food clinquant disposait ses tables dehors au soleil dès que les premiers rayons du printemps perçaient les filoches de nuages. Quand j'arrivais à son étage et que je constatais qu'elle avait enfilé cette mini-jupe rose, je savais que j'allais devoir encore subir la terrible épreuve de l'ascenseur.

La règle en était simple : il suffisait pour elle de retirer sa culotte, souvent une infime peau d'ange, et par la fenêtre entre-baillée de la laisser choire et virevolter jusqu'à ce qu'elle atterrisse délicatement sur la table d'un de ces jeunes cadres aux dents longues qui engloutissait un cheeseburger à la terrasse de l'infâme restaurant. Je n'avais alors que quelques instants pour descendre quatre à quatre l'escalier de secours, pour tenter de la récupérer, pendant qu'elle, le corps à moitié dans le vide faisait des grands signes à la cible atteinte en criant "c'est à moi, excusez-moi, pouvez-vous me la ramener, je suis là, au septième".

Ma mission, à moi, c'était d'arriver en bas avant que l'autre n'ait pris l'ascenseur et d'essayer de le convaincre par tous les moyens qui me restaient, le souffle haletant, les jambes brisées, de me rendre l'objet de convoitise. Ce qui n'était déjà pas une simple négociation.

Mais parfois il arrivait que, pour ramener le trophée jusqu'à sa propriétaire, le jeune loup se sente pousser des ailes et que, bien avant que j'aie eu le temps d'atteindre le rez-de-chaussée, il parvienne à s'engouffrer dans l'ascenseur pour le septième ciel. Je n'avais plus le choix que de remonter les maudites marches assassines, toutes mes chances alors quasiment anéanties. Ma belle italienne, toujours penchée dehors proposait délicatement au vainqueur un point de vue inoubliable sur son petit derrière à moitié nu et rond qui s'offrait, sans pudeur, au ras de cette maudite mini-jupe rose. Ah ! Qu'il était merveilleux ce postérieur, ferme, lisse, tatoué de ce petit dragon bleu, et bronzé jusqu'au plus profond de son intimité.

Au fait, petite Mademoiselle O, comment font-elles les Italiennes pour être ainsi délicieusement hâlées, même dans le tendre sillon qui partage les courbes fabuleuses de leurs fesses ? Ça restera malheureusement un mystère pour moi, sauf si tu veux bien me soulager, un soir de tendresse, de cette interrogation qui me hante encore...

Sans se retourner, et sans même chercher à savoir qui lui ramenait sa lingerie intime, elle ondulait légèrement des hanches, ce qui remontait encore un peu plus sa jupe définitivement indécente.

La suite, je ne pourrais la raconter que si c'était moi qui arrivais le premier. Et je te laisse imaginer ce que je pouvais avoir de désir, et de récompense aussi, pour et par celle qui me faisait courir sur la tête, à m'en ôter le souffle, à m'en arracher le coeur.

Hélas, il arrivait parfois, souvent en fait, que la cabine de ce maudit ascenseur soit déjà à l'étage quand j'y parvenais enfin. Les mains vides, je n'avais plus le droit d'entrer dans le bureau des rêves, et je redescendais lentement, le coeur lourd, le pas traînant, par l'escalier ennemi.

Sur le parvis, je ne me retournais pas, mais je la savais là qui me regardait disparaître, toujours accoudée à sa fenêtre, les hanches battues au rythme d'un assaut concurrent, la peau frissonnant de caresses.

J'ai cessé de fumer, j'ai fait de la musculation, je suis allé courir tous les matins dans des rues disgracieuses, j'ai ingurgité des litres de boissons vitaminées... Mais je n'ai pu que constater que j'échouais de plus en plus souvent dans ma quête à remplir ce Graal sans fond. Je vieillissais, sans doute. Je ne pouvais plus me permettre les luxes d'une mini-jupe rose, ma santé mentale en devenait chancelante.

Il arrive que mes pensées me traînent, sans le prévoir, au pied de ce triste bâtiment. L'affreux restaurant n'existe plus. Alors il me faut, sans attendre, fermer fort les yeux, boucher mes oreilles et fuir sans me retourner. A chaque fenêtre de mes souvenirs, une Italienne fait des grands signes de ses bras, implorant un secours urgent.

Et sur mon âme tombe une neige intime de dentelles multicolores.

 
par Minuitdixhuit
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Seminaristes-copier.jpgElle m'avait promis une surprise pour le début de la soirée, à condition que je la suive sans rien demander, sans poser de question et de lui obéir sans sourciller.

Dans ce petit village de vacance du nord de l'Italie il y a un campanile. Sais-tu ce qu'est un campanile petite Mademoiselle O ? C'est simplement un clocher qui ne se trouve pas accolé à l'église mais éloigné de quelques dizaines de mètres, comme une tour, séparé. Il y en a de célèbres, comme celui de Pise, que tu connais sûrement. En moins haut et moins penché, celui de ce village lui ressemble : même escalier en colimaçon qui le gravit par l'extérieur, même sentiment d'élévation, même éclairage nocturne sensuel et troublant... 

Elle vivait à Paris mais elle était du lieu et je goûtais son délicieux accent depuis plusieurs mois déjà... L'endroit était désert. Elle m'avait dit de rester en bas. Elle était montée. La nuit commençait à tomber, je l'avais perdue de vue dans les dernières marches, puis j'avais deviné sa silhouette évanescente, parvenue tout en haut. Et tout avait alors commencé. 

A l'heure exacte les lumières de la tour s'étaient embrasées toutes ensemble, comme des feux de la rampe, pour un spectacle bien réglé. Et elle m'était apparue, superbe, dans sa tenue légère, parcourant les balcons, disparaissant à chaque tour, puis réapparaissant, chaque fois un peu moins vêtue, ses sandales jetées par-dessus la rambarde au premier tour, puis sa chemise de lin qui flotta légèrement au gré de la brise. Au troisième tour sa jupe s'envolait dans un bruissement d'aile, au tour suivant son soutien-gorge, papillon de nuit, se posait délicatement dans les branches d'un vieux chêne ravi. Elle parcourait chaque étage d'un pas de déesse, toujours effrontée, le menton relevé, les hanches et les seins dansants au rythme de son défi. 

Les choses se compliquèrent à l'étage suivant. 

Elle était maintenant derrière la tour et j'attendais son apparition délicieuse quand un groupe de séminaristes en soutane entreprit l'ascension du campanile. Ils étaient quatre, jeunes, vigoureux, turbulents et joyeux. Je me mis à appréhender l'instant où elle surgirait, faisant tournoyer son ultime dentelle au-dessus de sa tête, stupéfaite et paniquée, sous leurs nez rougissants. L'idée de sa rencontre avec le groupe me terrifia d'abord, puis doucement me parut une agréable coïncidence, un imprévu qui pimentait son défi. Elle ferait peut-être moins la fière, je pourrais la consoler tendrement de ses frayeurs. Abuser un peu, peut-être... 

Ils se sont croisés de l'autre côté, hors de ma vue. J'ai attendu un temps qui m'apparut atrocement interminable. Puis un à un, rouges et essoufflés, je vis les séminaristes titubants sortir de la pénombre de l'étage supérieur. Je les comptais, inquiet, un, deux, trois... puis un long trou noir. Ce n'est que bien après que le dernier parut enfin dans la lumière des projecteurs. Il serrait compulsivement dans sa main une sorte de voile aussi transparent et léger qu'une aube de religieuse, qu'une aile d'ange ou qu'un string de soie fine. A son visage auréolé, on aurait juré qu'il avait atteint une sorte de ciel inaccessible à la seule spiritualité... 

Puis ma belle m'est enfin revenue, dans sa nudité candide, la mine boudeuse. Son front et l'intérieur de ses cuisses luisaient étrangement. Je l'ai enveloppée de mes bras, puis vêtue du pull ample qu'elle m'avait fait emporter. Dans l'herbe, je n'ai pu récupérer que ses sandales, tout le reste s'était envolé dans les cieux… 

En la cajolant, je lui ai murmuré "pas de chance". 

Elle m'a répondu dans un soupir "oui, d'habitude, ils sont plus nombreux". 

par Minuitdixhuit
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